Notes de l’épisode 9 du pOD : pour ce neuvième épisode, nous échangeons avec Rémy Marrone sur la question du numérique responsable. Retrouvez ci-dessous les principaux éléments abordés durant cet épisode (pour rappel, ce sont des notes ?), ainsi que différents liens et ressources utiles pour approfondir votre réflexion.

Sommaire
Ecouter l’épisode
Avant propos
Pourquoi est-ce que l’on a choisi d’aborder ce sujet ? À l’heure actuelle, on en entend de plus en plus parler : comment être plus éthique, plus responsable dans la vie de tous les jours et cela vaut aussi pour le numérique et le social media. Cependant, c’est un sujet qui reste très obscur, pour la plupart d’entre nous. Qu’est ce que l’on entend par « social media écoresponsable » ? Qu’est-ce que je fais si je veux être plus responsable en tant que Community Manager ? On vous dit tout dans cet épisode.
Pour cet épisode, nous avons proposé à Rémy Marrone, spécialiste du sujet, d’intervenir. Directeur de projets à l’Institut du Numérique Responsable, il est également enseignant en Marketing Digital (Audencia, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, etc.) et co-auteur du Grand Livre du Marketing Digital, véritable référence pour les spécialistes du numérique.
Les intervenants sur cet épisode de podcast sont donc :
- Gwen, chef de projet social media Ouest Digital
- Bryan, co-fondateur Ouest Digital
- Rémy Marrone (invité), que vous pouvez retrouver sur :
Axe 1 – Les fondamentaux du numérique responsable
« On parle d’écoresponsabilité et de responsabilité au sens large. Je pense que c’est important de prendre le terme dans son ensemble, parce que ça se rejoint. » – Rémy
Quand une entreprise fait la démarche d’être plus responsable, elle peut :
- faire attention à son impact énergétique
- donner aux internautes plus de contrôle sur leurs données
- éviter d’être trop intrusive dans la vie des internautes
- rendre le numérique accessible à tous.
« On est encore en train d’évaluer beaucoup de choses au niveau du numérique. Quelle est l’empreinte réelle ? Quels équipements sont les plus énergivores ? » – Rémy
En effet, aujourd’hui ce n’est pas moins de 4% des gaz à effet de serre qui proviennent du numérique (source : ADEME). C’est pourquoi il est important de revoir notre consommation et la consommation des entreprises.
« Les entreprises n’ont pas forcément conscience que le fait de dématérialiser est aussi très énergivore. » – Bryan
Le fait d’accumuler des données stockées sur un équipement va le ralentir et accélérer son obsolescence. De même pour le stockage sur le cloud, puisque l’on va participer à la multiplication des serveurs pour sauvegarder toutes ces données.
« Côté environnemental, le point de départ, c’est les équipements. Il faut penser à leur seconde vie. Un équipement qui n’est plus adapté pour une personne peut encore l’être pour quelqu’un d’autre. » – Rémy
Une entreprise qui souhaite être plus responsable au quotidien peut commencer par :
- choisir ses équipements consciencieusement, en pensant à leur seconde vie quand le moment est venu de les changer ;
- revoir ses usages concernant l’échange de données (mail, image, vidéo…).
« Il faut se rendre compte qu’un email a un impact bien moindre qu’une vidéo. Il faut visualiser l’échelle de chaque fichier. » – Rémy
Axe 2 – Le numérique responsable au quotidien
« Envoyer un email ou envoyer un message via une messagerie instantanée, avec seulement du texte, ça a un impact qui est faible. » – Rémy
En tant que Social Media Manager, pour être plus responsable au quotidien, on peut commencer par :
- Faire attention à son empreinte carbone, en téléchargeant sur les réseaux sociaux des visuels ou des vidéos en basse définition (en les compressant). Cela n’est pas utile d’utiliser des médias en très haute définition, s’ils sont vus en majorité via un smartphone, sur un petit écran.
- Penser « éthique », en évitant de recibler trop souvent les mêmes personnes via des publicités. Cela peut en effet être assez intrusif pour les internautes.
- Être sensible à l’accessibilité, en ajoutant des sous-titres sur les vidéos, des textes alternatifs sur les photos… L’objectif étant de rendre son contenu accessible à toutes personnes.
- Écrire de manière plus inclusive, afin que toutes et tous soient justement représentés. Sur ce point d’ailleurs, Rémy revient durant l’épisode sur le sujet de l’écriture inclusive et des problématiques que cela soulève.
« Il faut que l’on arrive à prendre en compte ces problématiques-là, si on veut tendre vers une société plus égalitaire. Ce qui est encore loin d’être le cas. » – Rémy
Pour vous aider à mettre en place une démarche numérique responsable, voici quelques outils utiles : https://institutnr.org/liste-doutils-numerique-responsable
Une difficulté régulièrement rencontré aussi consiste à connaitre la taille des images sur son smartphone. Voici quelques astuces :
[Le savez-vous]Comment connaître la taille de vos photos sous iPhone ? Ce n'est pas natif ! 3 solutions sont possibles mais aucune n'est parfaite. #thread (1/5) pic.twitter.com/mcpR0f5d8d
— Digital Cleanup Day France (@digitcleanup_fr) September 2, 2020
Pour conclure ce sujet
Les 3 maîtres mots pour adopter une communication plus responsable sur les réseaux sociaux :
- Empreinte environnementale : Faire attention au quotidien par des gestes simples, comme privilégier l’échange de fichiers de petite taille par exemple.
- Inclusion : Penser à rendre vos contenus accessibles et à vous adresser à toutes et à tous.
- Éthique : Respecter la vie des internautes en ne les martelant pas de publicités.
Ressources utiles
Rémy nous a partagé plusieurs contenus utiles sur le sujet du numérique responsable :
- 5 applications pour nettoyer son smartphone Android ;
- Comment vider la mémoire et le cache de son iPhone ? ;
- Smart Cleaner, une application pour nettoyer les fichiers inutiles sur son iPhone.
Enfin, voici un mémo fort utile à garder sous le coude pour adopter une com’ plus responsable sur les réseaux sociaux 😉

Infographie – Adopter une communication plus responsable sur les réseaux sociaux – © Agence Ouest Digital
Cette infographie vous plait ? Vous pouvez la partager sur votre site à l’aide de l’embed code au format html ci-dessous (celui-ci inclus naturellement la source en légende) :
<img src="https://www.keepitsimple.fr/wp-content/uploads/2020/08/infographie-communication-responsable-reseaux-sociaux-683x1024.jpg" alt="Infographie - Adopter une communication plus responsable sur les réseaux sociaux - © Agence Ouest Digital" /> Source: <a href="https://www.keepitsimple.fr/communication-responsable-reseaux-sociaux-remy-marrone-974645">Keep it Simple - Adopter une communication plus responsable sur les réseaux sociaux – avec Rémy Marrone (Le pOD, épisode #9)</a>
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Transcription de l’épisode
[Gwen] Bonjour et bienvenue sur Le pOD, le podcast qui décortique les problématiques des médias sociaux avec une dose de stratégie proposée par l’agence spécialisée réseaux sociaux Ouest Digital. Durant une vingtaine de minutes, nous échangeons ensemble sur les métiers liés à la communication digitale. Savoir-faire, conseils, bonnes ou même mauvaises pratiques du métier, on se dit tout.Et on partage nos approches, nos trucs et astuces pour être le plus efficace au quotidien. Dans l’épisode d’aujourd’hui, je suis accompagnée de Rémi et de Bryan, et nous allons vous parler d’écoresponsabilité numérique, et plus précisément, comment être plus responsable quand on travaille dans le social media. C’est parti !
Bonjour et bienvenue dans ce neuvième épisode du pOD. Aujourd’hui, nous allons parler social media écoresponsable, et pour cela, nous avons un invité aujourd’hui. Rémi, je vais te laisser te présenter, c’est à toi.
[Rémi] Bonjour, merci pour l’invitation. Je suis Rémi Maronne, et je suis directeur de projet de l’Institut du numérique responsable. J’ai aussi plusieurs fonctions, parce que je navigue dans différents univers, mais je suis également enseignant en marketing digital, et marketing digital le plus responsable possible, en école supérieure, notamment sur Nantes, à Audencia et à l’université de Nantes, et l’IAE Paris 1 à la Sorbonne, et je suis co-auteur du grand livre du marketing digital, qui, la deuxième édition, paraîtra en septembre prochain. [Gwen] Très bien, merci à toi pour cette présentation rapide. Je suis aussi accompagnée de Bryan, comme toujours. Bonjour Bryan. [Bryan] Bonjour Gwen, bonjour Rémi, merci de nous avoir rejoint aujourd’hui. [Gwen] Alors, tout d’abord, pourquoi est-ce que nous avons choisi d’aborder ce sujet aujourd’hui ? Nous l’avons choisi, puisqu’à l’heure actuelle, on en entend de plus en plus parler, comment être plus éthique, plus éco-responsable dans la vie de tous les jours, et cela vaut aussi pour le numérique et le social media. Cependant, c’est un sujet qui reste un peu obscur, je pense, pour la plupart d’entre nous.Qu’est-ce que l’on entend par social media éco-responsable ? Qu’est-ce que je fais si j’ai envie de m’y mettre ? Et est-ce que c’est simple ?
Est-ce que c’est compliqué ? Par où commencer, etc. Mais pas de panique, Rémi est un spécialiste du sujet.
Il est venu nous expliquer tout ça, nous partager ses petites astuces et son expérience. Alors, commençons ensemble à découvrir ce sujet. La première question que j’avais envie de te poser, Rémi, c’est à partir de quel moment est-ce qu’on peut parler d’une entreprise éco-responsable dans le domaine du digital, bien entendu ?
[Rémi] C’est une assez vaste question. Il y a plusieurs choses. Aujourd’hui, une entreprise, elle a cet impératif, cette nécessité, si elle en a envie, si elle voit effectivement le contexte dans lequel on évolue, d’aller se transformer et prendre en compte, effectivement, que chaque chose que l’on entreprend a une empreinte environnementale.Je ne m’arrêterai pas uniquement sur l’empreinte environnementale. Ce qui est intéressant, on va parler d’éco-responsabilité. On peut parler aussi de responsabilité au sens large.
Et je pense que c’est important de prendre le terme dans son ensemble parce que ça se rejoint. Et pour moi, plus on va chercher à diminuer son empreinte environnementale et plus finalement aussi, on va tendre vers des pratiques qui sont éthiques et qui sont inclusives. C’est souvent des choses qui se rejoignent.
Et donc, si aujourd’hui, une entreprise comprend le contexte dans lequel on évolue, effectivement, elle va tendre à prendre en compte ses problématiques. Donc, je dirais qu’à partir du moment où on fait la démarche, on a compris que le numérique a une empreinte environnementale qui est certaine, qui est palpable. Effectivement, c’est difficile de se rendre compte de ça, mais elle est bien là, elle est existante.
Déjà, si on dit qu’on a conscience de ça, qu’on a conscience également qu’il y a des enjeux éthiques qui sont forts, de permettre aux utilisatrices et utilisateurs d’avoir un meilleur contrôle de leurs données, d’éviter d’être invasif, d’être trop intrusif dans la vie des internautes. Et puis également, de comprendre qu’on doit faire en sorte que le numérique soit accessible à toutes et à tous. Je dirais qu’à partir du moment où on déclare qu’on a pris en compte ces enjeux-là et qu’on va chercher à transformer ces pratiques, déjà, en fait, on est dans une bonne démarche et on peut déclarer qu’on va attendre à faire des choses.
Aujourd’hui, prétendre qu’on est éco-responsable d’une manière ou d’une autre, c’est difficile parce qu’on est encore en train d’évaluer beaucoup de choses au niveau du numérique. Quelle est l’empreinte réelle ? On a encore beaucoup de doutes sur ce qui cause le plus d’empreintes.
On sait que les équipements sont quelque chose qui pèse énormément. On sait qu’il y a des pratiques qui sont plus énergivores que d’autres, comme la vidéo, comme les photos, etc. Mais je dirais qu’on est encore aussi dans une phase d’évaluation de ces impacts.
Donc, il y a des pratiques qu’on peut mettre en place doucement, mais il y a aussi de se rendre compte que, pour l’instant, on est aux prémices de ce numérique responsable.
[Bryan] C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’utilisateurs, même d’entreprises, qui n’ont pas conscience que le fait de dématérialiser, c’est aussi énergivore, que ce soit pour la fabrication des objets, mais même aussi pour le stockage des données, pour la transmission des données. Tout ça, c’est des choses qui sont parfois un peu négligées. Je lisais justement une étude de l’ADEME, que tu connais peut-être, qui disait qu’aujourd’hui, le numérique, c’est à peu près 4% des émissions de gaz à effet de serre.D’ici 2025, ça sera peut-être doublé. Donc, c’est vrai qu’aujourd’hui, tout ça, ça prend une place assez importante. On pense souvent à l’aspect environnemental, mais finalement, toi, ce que tu dis, c’est qu’il n’y a pas que l’environnement.
Ça en fait partie. Il y a aussi toutes les questions d’accessibilité, d’inclusion, etc.
[Rémi] Oui, parce qu’on voit qu’on aura l’occasion d’en parler, mais on verra sur le… Effectivement, sur tout ce qui est social média, mais de manière générale, sur le numérique, on a tendance à concevoir des logiciels, des publications qui vont s’adresser à 80% de la population, ou les 90 peut-être. Mais on va oublier les autres personnes.Et notamment, en fait, ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’il y a 14 millions de Français qui se déclarent éloignés du numérique. Alors, éloignés du numérique, ça veut dire beaucoup de choses. C’est-à-dire que c’est de l’électronisme pur, mais c’est aussi simplement des difficultés à accéder à Internet, des difficultés à comprendre tous les environnements qui sont autour.
Ça peut aller, ça peut être assez large. Mais en tout cas, il y a 14 millions de Français qui, aujourd’hui, disent « Moi, ce numérique, ce monde-là, il n’est pas si simple que ça pour moi à aborder ». Donc, on se doit effectivement de repenser nos pratiques et nos manières dont on agit avec le numérique.
Et après, pour revenir sur l’empreinte environnementale, donc effectivement, aujourd’hui, on parle de 4% environ des émissions de gaz à effet de serre liées au numérique. On sait que beaucoup de ces émissions proviennent de nos équipements. Donc, à titre d’exemple, on change le smartphone environ tous les deux ans en France.
Les smartphones, mais également plein d’autres équipements numériques. Là aussi, c’est intéressant aussi de se dire qu’il y a effectivement de l’empreinte environnementale, de la production, de la fabrication de ces équipements. Mais il faut voir aussi ce que ça cause en termes de sur les populations qui sont amenées à concevoir, à produire plutôt ces objets.
On parle évidemment de mines en République démocratique du Congo, où du coup, on va créer à la fois des conflits armés, on va financer des conflits armés. On va également créer des déplacements de population. On va également faire travailler des enfants.
Vous pouvez retrouver sur le site de l’Institut du numérique responsable un article qui parle de ce problème. Aujourd’hui, il y a encore 40 000 enfants qui travaillent dans les mines pour nos équipements numériques. Donc, on voit qu’il y a à la fois l’empreinte environnementale.
Elle est indéniable parce qu’effectivement, il faut aller trouver des matières, des matières rares. Ce n’est pas forcément si simple de les extraire. Et puis, juste produire un objet, c’est très lourd en termes de consommation d’énergie.
Et de fait, il y a cette empreinte environnementale, mais il y a aussi plein de choses au niveau éthique derrière. On connaît les conditions de travail aussi, comme était largement évoqué, peut être sans doute pas assez, mais dans les productions, dans les ateliers, dans différents pays d’Asie où les choses se font à la chaîne et dans des conditions qui ne sont pas forcément toujours très faciles pour les personnes qui sont amenées à travailler et à monter, à assembler ces différents équipements numériques qu’on utilise. Donc, il y a un vrai enjeu autour de ça.
Et ça, c’est une partie des empreintes de l’empreinte environnementale. L’autre partie, c’est évidemment nos usages, nos usages, le stockage que l’on fait, l’accumulation de données qu’on peut avoir sur nos équipements qui font qu’à un moment donné, on va accumuler tellement de choses sur nos équipements numériques qu’on va les ralentir et que de fait, on va accélérer leur obsolescence. Puis également, tout ce qu’on stocke dans le cloud, qui n’est pas non plus une chose très bonne, parce qu’on va multiplier les serveurs qui sont derrière.
On pourra revenir sur ces questions de data center qui, parfois, sont un peu mal comprises et parfois, on entend beaucoup de choses qui ne sont pas forcément tout à fait juste par rapport à ça.
[Gwen] Alors justement, est-ce que tu aurais 2-3 petits conseils ou bonnes pratiques ? Parce qu’on se demandait, ça a l’air assez compliqué, justement, de se rendre compte, de mettre des choses en place, de savoir par où commencer. On se demandait un petit peu si c’était à la portée de tout le monde, de toutes les entreprises et s’il y avait des choses simples à faire justement à la portée de tous. [Rémi] Déjà, le point de départ, et on en revient souvent à ce point de départ, c’est les équipements. Déjà, en fait, c’est penser, quand on achète des équipements numériques, c’est penser une seconde vie. Qu’est-ce que je fais d’un ordinateur qui va, au bout de trois ans, peut-être ne plus convenir à quelqu’un qui fait du graphisme parce qu’il a besoin peut-être de ressources qui sont très importantes ?Qu’est-ce que je peux faire de cet équipement ? Parce qu’il va servir encore à beaucoup de personnes potentiellement pour faire de la bureautique, peut-être plus simple, etc. Enfin, des choses qui demandent moins de ressources.
Donc, comment est-ce que je pense une seconde vie de mon matériel ? Si il arrive en bout de vie, à un moment donné, au bout de trois à cinq ans, comment est-ce que je peux faciliter son reconditionnement, son recyclage ? Et donc, mettre en place déjà une chaîne logistique avec différents acteurs pour s’assurer que mes équipements numériques vont être pris dans un cycle qui auront un minimum d’impact.
Toujours un impact quand même assez important. Mais en tout cas, déjà s’assurer de ce cycle-là. Donc ça, c’est sur les équipements.
Et également, arriver aussi à revoir sa politique de gestion des équipements. Comment est-ce qu’on fait pour moins renouveler ? Pour proposer aux collaboratrices et collaborateurs des smartphones avec une double carte SIM pour éviter de multiplier le nombre de smartphones que les collaboratrices et collaborateurs ont, etc.
Donc ça, c’est pour la partie équipement. Qui n’est pas forcément toujours facile à gérer parce qu’il y a une profusion d’équipements, qui a un appel de la nouveauté aussi. Le souci de la performance aussi qu’on peut avoir en agence ou en entreprise aussi de manière générale et qui parfois va pousser au mauvais choix.
Par souci d’une performance, d’une recherche absolue de la performance, on va préférer changer de matériel plus rapidement. Alors que parfois, le matériel est encore tout à fait valable. Et puis après, il y a la partie usage, pratique.
Qu’est-ce que je fais effectivement dans mon métier pour que je puisse un petit peu diminuer mon empreinte ? Et là, effectivement, ce n’est pas toujours forcément facile de se repérer. Alors, il y a plusieurs choses que je peux évoquer.
Si on regarde les usages qui, effectivement, sont les plus énergivores et qui vont coûter le plus, on va dire, à la planète, il y a la vidéo et les photos dans les usages. Globalement, effectivement, on se doute que quand on regarde une vidéo, ça consomme une certaine quantité de données et que du coup, effectivement, ce n’est pas forcément la meilleure pratique. Quand on compare un fichier Excel à une vidéo, effectivement, ce n’est pas tout à fait la même chose.
Donc, ce que je peux faire déjà, c’est effectivement me rendre compte d’où sont les plus gros impacts. Comprendre qu’un email, effectivement, un email qui ne contient pas de pièces jointes, a un impact bien moindre qu’une vidéo quand je la consulte. Ça, c’est déjà pour se repérer, effectivement, vidéo, photo, email.
Comprendre que l’échelle, elle est d’abord sur la vidéo, ensuite les photos, ensuite les emails. Il y a beaucoup d’éducation, à mon sens aussi, à faire. Aujourd’hui, on se rend de moins en moins compte de la taille d’une photo.
Quand je prends une photo avec un smartphone, elle fait quoi ? 1 méga, 3 méga, 500 kilo-octets ? FOLF fait même 10 méga sur le smartphone.
Mais qui le dit ? Quel smartphone le dit aujourd’hui ? C’est ça le problème, c’est qu’aujourd’hui, quel smartphone dit le poids de ce fait d’une photo ?
On se rend compte du poids de la photo au moment où on la télécharge sur l’ordinateur, et encore, quand même. Mais du coup, on a ce problème, ce rapport-là. Et aujourd’hui, on va dire que sur des générations qui ont connu MS-DOS et Windows 95, et des disquettes et des clés USB qui faisaient 64 méga, on est conscient du poids.
On se rend compte qu’effectivement, quand on avait 64 méga sur une clé USB, tu te dis, comment est-ce que je fais pour faire rentrer tout ce que j’ai à faire rentrer ? Aujourd’hui, quand tu as une clé USB qui fait 1 téra, peut-être pas une clé, mais un disque dur qui fait 1 téra, ta photo fait 1 méga, 3 méga, 5 méga. On ne se pose pas la question.
Donc, il y a vraiment beaucoup d’éducation à faire par rapport à ça, et de se rendre compte quand je vais mettre une photo, par exemple, si on parle social media, quand je vais mettre une photo en ligne, Facebook ne va pas vous restreindre, très peu. Facebook et les autres, Facebook Twitter et compagnie, vous êtes très peu restreints en termes de poids d’image. Donc, de fait, si ce n’est pas vous qui êtes responsable par rapport à ça, vous laissez en fait, je veux que ma photo soit magnifique, je vais mettre une photo avec une définition incroyable qui va peser 5 méga à l’upload, mais ce qui en est est complètement inutile.
Donc, c’est à moi de me rendre compte qu’une photo qui va peser 200 kilo-octets, elle sera tout aussi belle publiée sur Facebook qu’une photo qui fait 5 méga. Parce qu’aujourd’hui, les plateformes ne sont pas responsables par rapport à ça. On pourrait aussi imaginer que les plateformes, demain, quand vous êtes sur YouTube et que vous uploadez une vidéo de 2 minutes et qu’elle fait 2 gigas, que YouTube vous dise, bon là, c’est peut-être pas très raisonnable, mais en fait, 2 minutes, 2 gigas, c’est pas normal.
Ce serait la responsabilité de la plateforme. Aujourd’hui, on voit que les plateformes sont peu responsables par rapport à ça parce qu’elles prennent peu en compte cet aspect-là. Donc, c’est à l’utilisateur de faire attention.
Et en tant que social media manager, on peut dire que quand on publie des photos sur les réseaux sociaux, on fait en sorte qu’elles ne dépassent pas 300 kilo-octets. Honnêtement, une photo qui fait plus de 300 kilo-octets sur Internet, à moins d’avoir un écran vraiment géant pour la voir, on verra pas la différence de qualité.
[Bryan] Oui, c’est clair. Du coup, il y a une vraie question de la compression aussi du fichier qui peut avoir un impact vraiment direct. Effectivement, c’est vrai qu’on a beaucoup de clients qui veulent que les photos qu’on publie ou les vidéos qu’on publie soient en HD, qu’elles soient magnifiques.Et je dirais même qu’aujourd’hui, il y a une consommation des contenus qui est tellement forte depuis Smartphone qui fait que finalement, est-ce qu’on a vraiment besoin de mettre une vidéo en HD quand on sait qu’elle va être consommée sur un téléphone avec un écran plus petit ?
[Rémi] Et d’ailleurs, dans la même logique, si je travaille avec mon Smartphone en situation de mobilité en tant que social media manager, comment je fais pour contrôler la qualité de la photo ? Pour uploader une photo qui ne va pas peser justement 3 mégas. À un moment donné, si vous prenez une photo parce que vous êtes sur un événement, vous publiez la photo sur Twitter, à l’upload, si vous prenez le fichier original, il va peser 3 mégas.Qu’est-ce que je peux faire sur mon Smartphone ? Qu’est-ce que je peux installer pour permettre de réduire avant upload la qualité de mon image ? Pour compléter aussi, ce qui coûte aujourd’hui, souvent on dit héberger des vidéos, des photos, etc.
sur le cloud, c’est une catastrophe environnementale. Et on va dire que les data centers sont une catastrophe environnementale. C’est ça comme réflexion qu’on a.
En réalité, les data centers, une donnée qui est hébergée, c’est un poids pour l’environnement, mais aujourd’hui on n’observe pas une réelle augmentation de la consommation de données liées aux data centers eux-mêmes. Même s’il y a une quantité de données astronomique qui s’accumule. On va arriver à un point où on ne pourra plus absorber tout ça parce qu’on est pour l’instant sur une miniaturisation des serveurs, et peu à peu on arrive à diminuer leur taille et leur consommation, mais on va arriver à un point de saturation, ça c’est une chose.
Mais aujourd’hui, on ne peut pas accuser les data centers d’être une catastrophe environnementale. En revanche, ce qui coûte cher, c’est parce que nous on fait appel à ces éléments sur nos terminaux à la fin, et à chaque fois qu’on va faire jouer les réseaux et appeler sur nos terminaux, là on va consommer énormément d’énergie. Et donc à ce moment-là, ce qui est stocké sur les serveurs, là effectivement c’est une empreinte.
C’est la bande. C’est nos terminaux en tant que personnes qui coûtent fortement. C’est aussi lié à ce qui est stocké au début.
Si on stocke une photo qui fait 3M et qu’on la télécharge, c’est très différent que télécharger une photo qui fait 300KB. Et justement, sur son téléphone, est-ce qu’on a des applis qui sont utiles ? C’est une réflexion que je me faisais en même temps qu’on en parlait.
Peut-être qu’on pourra mettre des liens avec le podcast, parce que c’est certain que ça doit exister. J’aurais plaisir à mettre des liens.
[Gwen] Alors moi j’aimerais bien qu’on creuse le sujet côté social media justement. Nous c’est ce qui nous intéresse. Et alors, de quoi est-ce qu’on parle quand on parle d’éco-responsabilité, mais dans le social media justement ?Est-ce que tu pourrais nous dire un petit peu ?
[Rémi] Il y a cet aspect que j’évoquais sur effectivement ma problématique en tant que social media manager, c’est que je suis amené à publier du contenu visuel, et on sait que c’est le contenu visuel qui plaît. Si je n’étais amené à faire que des tweets avec du texte et des posts de manière générale sur les réseaux sociaux avec du texte, je ne dis pas qu’on pourrait en faire autant qu’on veut, mais enfin un texte publié, c’est quand même assez léger en termes d’impact. Encore une fois, c’est des choses qui sont en évaluation, mais envoyer un email avec seulement du texte, envoyer un message sur les messageries instantanées avec que du texte, etc., c’est un impact qui est faible, en tout cas extrêmement faible, comparé au moment où je vais publier une photo ou une vidéo. Donc mon enjeu en fait, il est quand même de se dire comment je peux essayer de limiter le nombre de contenus visuels que je produis. C’est un peu un leurre, parce qu’on est quand même dans une époque qui pousse à cela. Instagram a un succès qui n’est pas…S’il est là, c’est bien parce qu’il y a ce contenu visuel qu’on pousse. En revanche, ma responsabilité peut quand même d’ores et déjà s’exercer, comme je le disais. Quand je suis à l’upload, quand je suis au moment de téléverser une image sur le réseau social, qu’est-ce que je fais pour éviter de balancer une image qui fait 3 mégas ou 5 mégas ?
Parce que je peux envoyer une photo qui fait 200 kiloptels, l’utilisateur final ne verra pas la différence. Donc de la même façon, quand je fais une vidéo, comment est-ce que je fais pour la compresser au maximum ? Est-ce que j’ai besoin en fait sur YouTube de proposer le 720, le 400, le machin ?
Peut-être qu’une qualité à 480, ça peut suffire. Donc déjà, c’est là ma première responsabilité que je peux exercer en tant que social media manager, c’est avoir cette capacité à me dire attention, quand je clône, déjà je cherche à réduire. Et là déjà, je viens proposer quelque chose qui va diminuer mon empreinte environnementale.
Donc c’est un premier point, et c’est sur l’empreinte environnementale. Et après, les autres points sur lesquels on peut parler d’écoresponsabilité ou de responsabilité encore une fois, de manière générale, il y a ma pratique aussi au niveau éthique et inclusif. Sur la pratique éthique, je vais prendre un exemple simple, si on fait de la publicité avec les réseaux sociaux, comment est-ce que je peux éviter de reproduire un retargeting qui martèle mes utilisatrices et utilisateurs ?
Aujourd’hui, on sait que le retargeting est quand même un fléau parce qu’à un moment donné, ça devient beaucoup trop intrusif. C’est un outil qui est intéressant, mais qui est encore trop mal utilisé parce qu’on va utiliser le retargeting à tout va, et de fait, on va bombarder les publicités retargetées en masse. À un moment donné, ça produit aussi un contre-effet sur la personne.
Donc ça, c’est un premier point qu’on peut voir.
[Bryan] On a des garde-fous aujourd’hui sur notamment les indicateurs que nous donne la plateforme, comme le taux de répétition. Là, on peut commencer à se dire que la répétition, elle est supérieure à 2,5, voire 3. [Rémi] Mais ça dépend du client après peut-être ? Ça dépend de l’agence et du client ? C’est-à-dire que ça dépend de la capacité de l’agence à apporter le conseil et à raisonner le client aussi, j’imagine ? [Bryan] Après, de toute façon, ce qui est sûr, c’est que plus un message est répété sous le même format, plus ça va avoir un impact négatif sur l’image de marque. Donc au final, c’est aussi à l’agence ou aux fréquences ou à la personne qui va gérer la publicité de vraiment recommander aussi à son client peut-être de diversifier les formats ou même totalement de limiter l’usage du retargeting juste pour des campagnes vraiment qui sont stratégiques. Parce que c’est vrai que souvent, on fait du retargeting pour des choses qui sont totalement inutiles. [Rémi] Et puis après, il y a un autre sujet qui est globalement l’accessibilité de ce que l’on fait. Alors, il y a trois choses. Aujourd’hui, les sous-titres sont produits sur les vidéos, pas pour des questions d’accessibilité mais finalement plutôt parce que les personnes, les utilisateurs et les utilisatrices ont pris l’habitude de ne pas regarder les vidéos avec du son. [Bryan] Et donc, c’est une bonne chose pour l’accessibilité donc ce n’est pas très grave, tant mieux. Surtout pour les vidéos qui sont très techniques parce que souvent, on se dit que l’utilisateur va regarder sur le son. Mais parfois, nous-mêmes, des vidéos, quand on les écoute, au moment où on voit les sous-titres on se rend compte que c’est hyper technique comme sujet et que c’est plus facile à comprendre en lisant des sous-titres qu’en écoutant la personne parler. [Rémi] Il y a autre chose en revanche c’est beaucoup dans les photos des choses qui sont faisables notamment sur Twitter. On peut ajouter, donc à la manière de ce qu’on fait quand on publie une photo sur un site internet, on peut ajouter un texte alternatif. C’est quelque chose qui est assez essentiel et qu’on fait encore trop peu.Je peux, il y a une fonction qui est texte alternatif sur les photos quand je les publie. Je ne sais pas si vous, vous prenez l’habitude de le faire. Mais c’est une pratique qui est très bien.
Permettre aux personnes notamment qui sont en situation de déficience visuelle de pouvoir avoir accès au contenu de la photo avec un texte explicatif. Ce qui est intéressant, c’est qu’avec Twitter, on est à plus de 1000 caractères, on peut mettre un texte descriptif qui est assez complet pour permettre aux personnes de comprendre ce qui est dans la photo qu’on a publiée liée au tweet qu’on a fait.
[Bryan] Sur LinkedIn, on peut aussi le faire depuis pas très longtemps. Après, c’est vrai que c’est difficile souvent de le systématiser notamment quand on va utiliser des outils tiers pour publier sur les plateformes. Parce qu’on programme beaucoup les contenus et on ne peut pas toujours ajouter un texte alternatif.Par contre, si on est en natif sur la plateforme, c’est une bonne pratique.
[Rémi] Donc, il y avait ces deux choses. La troisième chose, oui, l’écriture inclusive. L’écriture inclusive, c’est assez intéressant parce que c’est un outil que j’aime bien parce que je trouve que c’est extrêmement important qu’on puisse dire, qu’on puisse se rendre compte qu’on a une langue aujourd’hui qui est quand même compliquée parce qu’elle oublie 50% de la population, même 51% de la population.Donc, notre langue a quand même cette particularité de faire ça. Quand on compare ça à l’anglais, ça n’existe pas. Du coup, il faut qu’on trouve une solution.
Et l’écriture inclusive, malheureusement, n’est peut-être pas la solution la meilleure. Aujourd’hui, l’écriture inclusive, et moi je l’ai fait par expérience, c’est qu’à un moment donné, moi je tweetais beaucoup en écriture inclusive, et on me l’a reproché en me disant que ce que vous faites n’est pas accessible. Le problématique de l’écriture inclusive, c’est que s’il y a une personne qui est en situation de déficience visuelle, quand elle va, du coup, son navigateur va lui lire, du coup, de manière audio, le retranscrire de manière audio le contenu de la publication, évidemment, avec l’écriture inclusive, les abonnés.e.s sont acceptés.e.s ça devient quelque chose d’assez inaudible. Je vous conseille d’aller regarder un peu sur internet pour voir ce qu’il se passe. Et donc, de fait, malheureusement, c’est pas une solution qui est la meilleure. La solution, moi, qu’aujourd’hui, j’aime bien utiliser, mais qui est carnivore en termes de caractère, c’est de mettre les deux les collaboratrices et collaborateurs, par exemple.
Mais après, c’est difficilement conciliable, parfois, avec un tweeter qui vous dit qu’il y a 280 caractères, il faut s’arrêter.
[Bryan] C’est ça, avec l’impératif de taille, c’est vrai que c’est… Mais par contre, si on a la possibilité de le faire, toi, tu recommandes vraiment d’essayer de mettre les deux formats. [Rémi] Je pense qu’aujourd’hui, vraiment, on a ce devoir de quand même avoir ça en tête, que notre écriture oublie 51% de la population, qu’on manque de représentation des femmes de manière générale, quand même, dans beaucoup de métiers, beaucoup de fonctions à haute responsabilité, qu’on se doit, du coup, de montrer des modèles de femmes qui réussissent et aussi, particulièrement, dans les métiers du numérique où, aujourd’hui, on est entre 25 et 30% de femmes dans les métiers du numérique.Donc, on se doit, du coup, de véritablement bien rendre compte que cette population-là, c’est pas une minorité, loin de là, puisque c’est 51% de la population et que notre langue, de fait, a tendance à… C’est pas un directeur de communication. Si c’est une femme, c’est une directrice de communication.
C’est pas un développeur web, c’est une développeuse web, etc. Et aussi, parfois, je dis développeuse parce qu’on entend des personnes qui vont vous dire développeuse, c’est moche. Ça, vous en avez.
C’est aussi des choses qu’il faut qu’on brise. C’est pas parce que c’est moche que… Oui, puis c’est pas moche.
C’est aussi parce qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. Et ça, c’est la problématique. C’est qu’on s’est habitué à entendre des termes aussi avec un terme masculin.
Et donc, on l’entend pas au féminin. Et donc, de fait, on décrète que… Mais non.
Et donc, il faut qu’on impose ces termes-là aussi. Et qu’on choisisse. Alors, c’est aussi s’arranger.
Est-ce qu’on fait des accords de proximité après-derrière ? Est-ce que c’est de l’écriture inclusive, parfois ? C’est pas évident.
Mais je pense qu’il faut vraiment qu’on arrive à prendre en compte ces problématiques-là. Si on veut tendre vers une société qui est le plus paritaire possible, le plus égalitaire possible. Ce qui est encore loin d’être le cas.
[Gwen] Très bien. Et justement, par rapport à tout ça, ces choses à faire au quotidien que tu nous conseilles, est-ce que tu connais des outils pour mesurer son impact au quotidien ? Vous parliez tout à l’heure sur smartphone pour les photos, mais est-ce qu’il existe d’autres outils ? [Rémi] Je vais vous renvoyer au site de l’Institut du numérique responsable. C’est institutnr.org. On a une page qui est dédiée qui liste différents outils qui permettent de mesurer.On est bien sur les trois pans environnemental, éthique et inclusive. A la fois mesurer son empreinte environnementale, d’une part, mais également mesurer son niveau d’accessibilité. On parle surtout au niveau web, niveau site.
Au niveau social media, c’est plus difficile d’évaluer exactement son empreinte. C’est difficile à faire parce que on n’est pas les concepteurs, pas les développeurs d’un Twitter, d’un Facebook, etc. Déterminer l’empreinte exacte d’une publication, pour l’instant, on n’y est pas encore.
C’est ça qui est intéressant dans le numérique. Ce qui est bien aussi, c’est qu’on voit que le numérique commence à se remettre en question assez rapidement par rapport à plein d’autres secteurs. Si on prend le secteur de l’automobile, il a mis un peu plus de 100 ans avant de se dire peut-être qu’on n’est pas sur la bonne voie.
Numérique, on n’est pas si loin que ça, du début, notamment par rapport à Internet. C’est bien qu’on voit qu’il y a une vraie remise en question et de voir comment on peut changer les pratiques. On est toujours dans des phases d’évaluation.
Il y a des outils qui n’évaluent pas encore tout, mais il y a des choses qui arrivent.
[Gwen] Une question vraiment une réponse toute simple. Si nous, demain, on a envie de se lancer dans le virage de la communication éco-responsable, selon toi, par quoi est-ce qu’on commence ? [Rémi] Pour moi, le point de départ, il y a toujours trois points de départ. Si je systématise la compression de mes fichiers avant de les mettre en ligne, et ça, je pense qu’on a beau y penser peut-être souvent, le systématiser 100% du temps, c’est peut-être loin d’être gagné. [Bryan] Ça, c’est un premier point. Quand on va produire des contenus pour un site Internet, nos images, on y poste systématiquement parce que ça a un impact sur le référencement naturel. C’est même pas une incitation.On est obligé de le faire. Mais c’est vrai qu’on ne le fait pas systématiquement pour les réseaux sociaux. On n’exige cette partie-là.
[Rémi] Ça, c’est le premier point. Le deuxième point, c’est l’accessibilité qui me semble être indéniable. C’est systématiser aussi le côté accessible de mes publications.Et puis aussi, un dernier point qui me semble important, c’est travailler sur… Je ne suis plus en tête. Déjà, ces deux points-là, c’est important.
Et sur le côté inclusif, une dernière chose aussi, on a parlé de la problématique de la place des femmes de manière générale, d’une écriture qui peut être inclusive d’une manière ou d’une autre. Il y a aussi autre chose, c’est la question de la représentation et des stéréotypes. Là aussi, c’est très difficile quand on est dans la publication sur les réseaux sociaux, même de manière générale, mais en tout cas sur les réseaux sociaux, de ne pas tomber dans les stéréotypes.
Comment est-ce que je fais pour représenter ? On va représenter des personnages quand on va publier des choses. Si on prend les banques d’images, par exemple.
Si je prends les banques de photos, gratuites, libres de droit, ou même les banques d’icônes, on va se rendre compte très rapidement qu’ils sont stéréotypés. Et donc, comment je fais pour ne pas forcément représenter une femme en jupe, un homme en cravate…
[Bryan] Et puis Bill derrière son bureau, et Madame qui porte les dossiers… [Rémi] C’est exactement ça. Il y a un vrai enjeu par rapport à ça pour éviter ces stéréotypes. [Bryan] C’est dans le choix d’illustration qu’on a un rôle à jouer. [Rémi] Et d’ailleurs, je vous invite aussi pour voir qu’on est vraiment dans des problématiques fortes de stéréotypes, de taper « jouets pour filles » sur Google et « jouets pour garçons ». Vous allez voir l’enfer dans lequel on est. [Bryan] Oui, je le vis au quotidien en ce moment. [Gwen] Ça marche. Merci. Avant de terminer, j’aimerais te poser une question.C’est une question que j’aime bien poser quand on arrive à la fin du podcast. Est-ce que tu aurais une anecdote professionnelle à nous raconter qui t’a fait prendre conscience de l’importance de ce sujet ?
[Rémi] Oui… Il y a eu plusieurs déclics. Il y a eu plusieurs déclics, mais…En fait, à certains moments, quand vous vous rendez compte, notamment en cours, que la proposition d’aller faire du marketing digital va pousser à certaines pratiques qui ne vous correspondent plus. Là, il y a quelque chose par rapport à l’environnement. Par exemple, sur le Black Friday, c’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué.
Je me suis toujours questionné par rapport au Black Friday. En même temps, il y a une vraie opportunité pour beaucoup d’entreprises. Si on regarde beaucoup d’entreprises, il y a certaines entreprises traditionnelles qui se positionnent sur le Black Friday parce qu’elles ont un impératif de sauvegarder les emplois, de préserver un équilibre d’entreprises.
En même temps, aujourd’hui, le Black Friday, on sait que c’est une forte problématique environnementale. Par rapport à ça, quand vous faites du marketing digital, qu’est-ce que vous dites aux étudiants ? Est-ce qu’il faut y aller ou pas y aller ?
Là, on se rend compte que le conseil, par rapport à ce qu’on observe, on se dit qu’il y a peut-être un hiatus. C’est peut-être temps de revoir notre façon de faire du e-commerce et notamment l’e-commerce. C’est surtout dans ces moments-là où on parle e-commerce.
Il y a un calendrier aujourd’hui avec tous les marronniers, toutes les opérations à pas louper, la fête des mères, la fête des pères, et puis le Black Friday. Est-ce qu’il faut prendre chacun de ces moments du calendrier et en faire une opération commerciale obligatoirement ? Quand vous dites qu’il y a ce calendrier et allez-y, piochez dedans, vous vous dites peut-être oui, regardez, mais regardez ce qui est vraiment en accord avec vos valeurs, ce qui a du sens.
Je ne vais pas citer la marque, mais il y a une marque d’enceinte qui proposait des produits et je crois que cette année, ils ne l’ont pas fait d’ailleurs, mais spécifiques pour la fête des mères et pour la fête des pères. On parle d’enceinte. Qu’est-ce qui fait qu’il y a des produits qui sont plus pour les femmes et plus pour les hommes ?
Donc peut-être que l’opération commerciale, il faut peut-être qu’elle se porte différemment. En tout cas, on peut trouver des moyens de dire que chaque moment de fête n’est pas forcément une opération commerciale à réaliser et on doit prendre en compte quel impact ça a derrière. Je crois que ça, c’est aussi un moment où on se rend compte qu’on a envie de promouvoir autre chose.
Notamment quand on enseigne auprès d’étudiants et d’étudiantes qui sont demandeurs et demandeuses de changements.
[Bryan] C’est plutôt sur l’enseignement que ça abat très bien. Oui, tout à fait. [Gwen] Très bien. Je pense connaître la réponse, mais est-ce que, comme à chaque fois, tu pourrais conclure ce sujet en trois mots ? Du coup, je pense que tu nous les as pas mal répétés déjà. [Rémi] Effectivement, oui. L’empreinte environnementale, inclusion et éthique. [Gwen] Très bien. Merci beaucoup à toi d’être venu discuter avec nous des co-responsabilités. [Rémi] Avec grand plaisir. [Gwen] Peut-être qu’on aura l’occasion de t’avoir à nouveau derrière le micro du pOD un de ces quatre. [Bryan] Avec grand plaisir. Merci Rémi. Merci Rémi.Bon retour à Paris. Merci beaucoup.
[Gwen] Bonne journée à tous et à très bientôt pour un prochain épisode du pOD. Quelques mots avant de se quitter. Tout d’abord, vous pouvez retrouver cet épisode sur le blog de l’agence www.keepitsimple.fr rubrique podcast ou sur nos réseaux sociaux. Ensuite, n’hésitez pas à nous faire part de vos conseils, vos impressions, nous poser vos questions ou faire une suggestion. Vos retours pourraient nous donner plein de belles idées pour la suite. Je vous dis merci pour cet échange et à très bientôt pour un prochain épisode du pOD.
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