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🗣 Informer les jeunes via les réseaux sociaux, retour d’expérience avec Pierre-Adrien Roux

Notes de l’épisode 29 du pOD : pour ce vingt-neuvième épisode, nous échangeons ensemble sur la question de l’information à destination des jeunes via les réseaux sociaux. Retrouvez ci-dessous les principaux éléments abordés durant cet épisode (pour rappel, ce sont des notes 😉), ainsi que différents liens et ressources utiles pour approfondir votre réflexion.


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Avant-propos

Pourquoi est-ce qu’on aborde ce sujet ? Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont un vrai carrefour de l’attention.

En effet, (presque) tout le monde a déjà utilisé un réseau social au moins une fois dans sa vie, quel que soit son âge :

  • 80% de la population française est active sur les réseaux sociaux (étude We are social – 2022) ;
  • un jeune sur deux s’informe via les réseaux sociaux (baromètre Kantar – 2021)

C’est pourquoi nous nous sommes dits qu’il y avait un sujet intéressant à creuser. Et pour cet épisode, nous avons invité Pierre-Adrien Roux qui est responsable de la communication et des projets numériques à Info Jeunes Pays de la Loire. Avec son expérience sur le sujet, nous avons forcément pensé à lui pour cet épisode 🙂

Les intervenants sur cet épisode de podcast sont donc :

Axe 1 – Info Jeunes Pays de la Loire : qu’est-ce-que c’est ?

« Info Jeunes Pays de la Loire est une association à mission de services publics. Cela veut dire qu’on a un label d’État : le label information jeunesse. Il nous oblige à produire et à diffuser de l’information en direction des jeunes des Pays de la Loire. » – Pierre-Adrien 

Dans cet épisode, notre sujet s’oriente donc vers l’information des jeunes. Ici, les « jeunes » sont les personnes ayant entre 15 et 30 ans.

L’objectif, c’est de leur parler des sujets qui les intéressent et les concernent, à savoir : l’orientation, la recherche de logement, l’emploi, la mobilité internationale, l’engagement, etc. 

« Nous ne sommes pas des experts de tous les sujets que nous traitons, mais nous sommes un peu comme des médecins généralistes de l’information. » – Pierre-Adrien 

La structure Info Jeunes est présente pour accompagner les jeunes des Pays de la Loire dans leurs recherches d’informations et les guider vers les bonnes personnes ou structures pour solutionner un problème. Ce sont des intermédiaires. 

« Finalement, vous êtes un peu comme une chaîne d’informations à destination des jeunes ? » – Gwen 

La structure ne se considère pas comme un média, même s’ils produisent de l’information. Ils ont un métier très différent des journalistes.

En interne, les documentalistes font de la recherche et produisent de l’information au quotidien. Le label information jeunesse les oblige à diffuser de l’information qui soit exhaustive, fiable et gratuite. La passation d’informations doit également rester anonyme.

« Nous sommes une structure très soutenue par les pouvoirs publics, ce qui fait que nous n’avons pas cette obligation de coller à un besoin de notre clientèle, comme ça peut l’être dans un média. » – Pierre-Adrien 

Axe 2 – Informer les jeunes via les réseaux sociaux : quelle stratégie adopter ?

« Depuis quelques années, nos structures connaissent une baisse de fréquentation physique. En revanche, nous sommes de plus en plus sollicités via les réseaux sociaux. » – Pierre-Adrien 

Afin de solliciter l’aide d’Info Jeunes, il est possible de se rendre dans leurs locaux qui sont ouverts au public. Mais aussi via leur site internet et les réseaux sociaux. 

Mais alors, comment s’organise leur communication sur les réseaux sociaux ? 

1️⃣ La stratégie 

« Notre stratégie s’inscrit dans un travail d’équipe. Je suis responsable de la communication, mais autour de moi il y a différents métiers. » – Pierre-Adrien 

Leur stratégie s’articule autour :

  1. de différents métiers : Les documentalistes font le travail de recherche et de centralisation de l’information. Les informateurs et informatrices jeunesse communiquent les informations. Et le responsable communication pilote l’ensemble.
  2. de la temporalité : Dans l’année il y a différentes temporalités à ne pas manquer.

    💡 Par exemple : entre février et mai, c’est la période de la recherche de job d’été. Ou bien entre mai et août, c’est la période de la recherche de logement.

    Les différents métiers se mettent d’accord sur les temps forts annuels et vont ensuite segmenter les différents sujets pour répondre aux questions que la cible peut se poser. En découle la définition du planning mensuel de publications.
  3. des actualités chaudes : Les équipes de documentalistes vont également recevoir des actualités dites “chaudes” sur des informations importantes et qui viennent de tomber. Ils vont les partager avec les informateurs et informatrices jeunesse afin de les partager rapidement sur les réseaux sociaux.

2️⃣ La cible

« On ne raconte pas la même chose à un jeune qui à 15 ans et à un jeune qui en a 28. » 

Il est important de réfléchir aux différentes façons de diffuser un message lorsque l’on s’adresse à une cible aussi large que celle-ci.

« Quand on s’adresse à un jeune sur le sujet de la recherche d’emploi, par exemple, il va avoir du mal à se projeter en mars sur ce qu’il va faire pendant l’été suivant. Alors que les parents si. C’est pourquoi les cibles connexes sont très importantes avec ce public. » – Pierre-Adrien 

Les cibles connexes ont ainsi une grande importance également. 

Quand on s’adresse à des jeunes de 15 ans, sur ce genre de sujets, très souvent cela passe aussi par les parents et la communauté éducative. Ils font donc indirectement partie de la cible et il ne faut pas les oublier. 

3️⃣ Le choix des réseaux sociaux 

« Un jeune qui a envie de consulter les informations du média Le Monde va plutôt passer par Snapchat que par l’application Le Monde. » – Pierre-Adrien 

Vous vous demandez certainement si Info Jeunes Pays de la Loire est présent sur tous les réseaux sociaux, afin d’être sûr de capter l’entièreté de leur cible ? Et bien, non !

Ils sont présents sur Facebook, car même si ce réseau est un peu délaissé par les jeunes, c’est ici qu’ils vont toucher les cibles connexes (les parents).

De plus, les jeunes reviennent sur Facebook pour :

  1. s’inscrire sur des groupes notamment et recevoir de l’information. Exemple : groupes de recherche de logement ou d’emploi 
  2. contacter les médias, marques et organismes via la messagerie Messenger. 

« Investir un réseau social ça prend du temps. Donc il faut réfléchir et être stratégique ! » – Pierre-Adrien 

Ils sont sur Instagram pour cibler des nantais, résidents à Nantes métropole. 

Ils sont aussi présents sur LinkedIn et Twitter pour des questions partenariales et de réseau national.

Ils sont sur Youtube et Soundcloud car ils espèrent pouvoir développer le podcast à terme.

« Bien sûr on pourrait être présents partout. Mais il faut avoir le temps d’alimenter tous les comptes. Ça ne sert à rien d’être présent sur une plateforme si on n’a pas le temps de s’en occuper ! » – Pierre-Adrien 

Ils ne sont pas sur TikTok et Snapchat. Et c’est parfaitement volontaire.

Snapchat a été testé il y a quelques années. Mais cela n’a pas été concluant pour eux. À l’époque, sur Snapchat la partie information n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui.

Ce qui est intéressant, c’est leur approche des réseaux sociaux “refuges”, qui explique aujourd’hui leur absence de Tiktok :

« Personnellement, je pense que les jeunes ont besoin de réseaux refuges. Ils ont déserté certaines plateformes où leurs parents, grands-parents, médias étaient présents et ils apprécient avoir des endroits à eux où ils sont loin de tout ça et entre eux. » Pierre-Adrien 

4️⃣ Le choix des sujets 

« La veille est un travail quotidien ! Les documentalistes sont en veille permanente avec des acteurs experts de chaque sujet que nous traitons. Ces personnes vont nous nourrir en informations. » – Pierre-Adrien 

La structure fait sa propre recherche d’information au quotidien auprès d’experts des différents sujets traités. 

De plus, ils peuvent être sollicités pour partager des sujets qui viennent de paraître, mais ils n’ont aucune obligation de partager des informations s’ils ne le souhaitent pas. 

Pour aller plus loin sur le sujet de la veille, nous vous recommandons d’écouter : « Faire efficacement sa veille sur internet« 

« Nous ne diffusons pas tout notre contenu sur nos réseaux sociaux. Nous retraitons les informations ! » – Pierre-Adrien 

Info Jeunes a beaucoup de supports pour expliquer et illustrer les différents sujets qu’ils traitent. Il faut donc sélectionner et retraiter les informations avant de les partager sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont, pour eux, une bonne porte d’entrée pour capter leur cible et pouvoir entrer en contact avec eux. Ils pourront par la suite échanger plus en profondeur via Messenger ou en physique afin de solutionner leurs problèmes. 

« Si je résume : votre objectif est d’utiliser les réseaux sociaux comme porte d’entrée pour diriger vos cibles vers des contenus plus longs afin d’apporter une information plus détaillée. » – Bryan 

Axe 3 – Conseils et astuces

Nos conseils pour informer les jeunes via les réseaux sociaux :

✅ Analyser et mesurer les performances de nos actions

On le répète dans presque tous nos épisodes (et même nos invités le disent), il faut comparer et analyser ce que l’on fait.

Pour aller plus loin sur le sujet de la veille, nous vous recommandons d’écouter : « Choisir et analyser ses indicateurs de performance sur les réseaux sociaux« 

✅ Être régulier dans sa communication

Être régulier permet de rester présent dans la mémoire de ces cibles. De plus, les algorithmes des réseaux sociaux, privilégient la diffusion des contenus des comptes qui publient régulièrement. 

✅ Essayer d’impliquer les jeunes dans la communication à destination des jeunes 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Ils essayent d’impliquer les jeunes qui viennent à Info Jeune pour qu’ils partagent leur expérience et qu’ils parlent de la structure autour d’eux. 

💡 Par exemple : Tourner un témoignage vidéo. 

Il n’y a pas de secret, la communication de pair à pair est toujours beaucoup plus impactante quelle que soit la cible.

✅ Faire attention au ton que l’on emploie

Quand on veut s’adresser aux jeunes, rien ne sert d’utiliser le langage des jeunes. On peut vite se prendre un retour de bâton (expérience vécue par Pierre-Adrien). 

Une structure avec un label d’Etat, qui partage des informations sérieuses ne peut pas se permettre d’adopter un ton qui ne lui ressemble pas. 

N’oublions pas qu’aux yeux de notre cible, c’est la structure qui prend parole sur les réseaux sociaux et pas les Community managers de 24-25 ans qui sont derrière 😉 

À l’inverse, voici les erreurs à ne pas commettre :

❌ Vouloir être partout

Déjà il faut avoir la capacité d’être partout, car c’est un investissement temps non négligeable.

Ensuite, cela peut-être une erreur de vouloir être un peu partout. Car être partout à la fois, pour beaucoup, cela induit de n’y être qu’à moitié.

Il vaut mieux dépenser de l’énergie sur les réseaux sociaux où l’on est déjà présent. Et si cela devient stratégique et que l’on a du temps à y passer, réfléchir à aller sur une nouvelle plateforme. 

❌ Négliger les textes inclusifs

Les jeunes sont assez impliqués sur ce sujet qui est assez naturel pour eux. C’est donc un point à ne pas négliger, au risque de se faire reprendre. 

Attention, il faut aussi penser à l’accessibilité. L’écriture inclusive n’est pas toujours accessible. Notamment sur l’utilisation du point médian, qui n’est pas toujours compréhensible lorsque l’on utilise un assistant vocal. 

Nous ne sommes pas là pour entrer dans le débat sur le point médian. Mais nous vous recommandons d’adopter une rédaction la plus neutre et inclusive possible.

❌ Considérer la communication sur les réseaux sociaux comme « un truc en plus » 

Nous l’entendons très souvent : « Je m’occupe des réseaux sociaux, quand j’ai le temps ». C’est-à-dire : jamais ! 

Si vous vous organisez comme cela, vos contenus et la pertinence de vos messages vont perdre en qualité. 

Et c’est justement ce qu’Info Jeunes défend avec « Les Promeneurs du net ». C’est un dispositif national déployé en France en 2012 dans le but d’assurer une présence éducative sur Internet. 

Pour conclure ce sujet

Les maîtres mots pour conclure

  • Adaptabilité : avec une cible jeune, ça bouge très vite. Il faut donc savoir adapter ce qu’on fait et comment on le fait en permanence. 
  • Anticipation : il est important de s’informer et de réfléchir aux contenus que l’on va valoriser auprès de sa cible.
  • Éducation : ils ont à cœur d’éduquer les jeunes à savoir trouver les bonnes informations et reconnaître les plateformes fiables. 

Points clés de l’épisode

Les réseaux sociaux sont devenus l’un des principaux canaux d’information des jeunes. Dans cet épisode, Pierre-Adrien Roux, responsable communication d’Info Jeunes Pays de la Loire, partage son retour d’expérience sur les stratégies à adopter pour diffuser une information fiable et pertinente auprès des 15-30 ans.

1. L’information destinée aux jeunes doit s’appuyer sur leurs temporalités

Pour capter l’attention des jeunes, il ne suffit pas de publier régulièrement. Il faut avant tout diffuser les bons contenus au bon moment. Les thématiques abordées par Info Jeunes évoluent ainsi au fil de l’année en fonction des préoccupations réelles des jeunes : recherche d’emploi saisonnier, logement étudiant ou encore découverte d’une nouvelle ville.

L‘équipe concentre sa communication sur les jobs d’été entre février et mars, puis sur le logement à partir du printemps afin d’accompagner les futurs étudiants avant la rentrée.

2. Les réseaux sociaux ne remplacent pas une stratégie de diffusion multicanale

Même si les jeunes s’informent massivement sur les réseaux sociaux, ceux-ci ne constituent qu’un point d’entrée vers une information plus complète. Les contenus publiés servent souvent à attirer l’attention avant de rediriger vers des ressources plus détaillées.

« Notre production d’information, le cœur, ne va pas être les réseaux sociaux. Ça va être notre site web. »

3. Toucher les jeunes implique parfois de s’adresser aussi à leur entourage

Une stratégie efficace ne cible pas uniquement les jeunes eux-mêmes. Parents, enseignants ou acteurs éducatifs jouent également un rôle essentiel dans la circulation de l’information.

Pour promouvoir les offres de jobs d’été, Info Jeunes continue d’utiliser Facebook afin de toucher les parents, qui identifient ensuite directement leurs enfants dans les publications et relaient l’information.

4. Vouloir être présent sur tous les réseaux sociaux est une erreur fréquente

L’une des principales erreurs consiste à multiplier les plateformes sans disposer des ressources nécessaires pour les animer correctement. Mieux vaut être pertinent sur quelques réseaux que présent partout de manière superficielle.

5. Le ton compte autant que le contenu

Les jeunes attendent des prises de parole authentiques. Chercher à reproduire artificiellement leur langage ou leurs codes peut rapidement produire l’effet inverse et nuire à la crédibilité de l’organisation.

« Ça ne sert à rien de vouloir faire du jeunisme sur les réseaux sociaux si on ne l’est pas. »

6. La veille représente une part majeure du travail d’information

Avant même de produire du contenu, il faut collecter, vérifier et organiser l’information. Cette étape est souvent sous-estimée alors qu’elle constitue une grande partie du travail des équipes.

« La veille, c’est la moitié du travail, très clairement. »

7. Les réseaux sociaux doivent être intégrés dès la conception des actions

Traiter les réseaux sociaux comme une simple étape finale de communication réduit fortement leur efficacité. Ils doivent être pensés en amont, au même titre que les autres actions de communication.

8. Impliquer les jeunes dans la création de contenus renforce l’impact des messages

Les témoignages de pairs permettent de rendre l’information plus crédible et plus engageante. Les jeunes se projettent davantage dans l’expérience d’autres jeunes que dans un discours institutionnel.

Info Jeunes encourage les bénéficiaires d’aides au logement ou de dispositifs d’accompagnement à témoigner face caméra afin de partager leur expérience directement sur les réseaux sociaux.

9. Informer ne suffit pas : il faut aussi apprendre à s’informer

L’objectif d’Info Jeunes dépasse la simple diffusion de contenus. L’association cherche également à développer l’esprit critique des jeunes et leur capacité à évaluer la fiabilité des informations qu’ils consultent.

Lors d’un atelier dans une classe de quatrième, plusieurs élèves pensaient que Charlie Hebdo était l’auteur des attentats de 2015, ayant assimilé l’expression « attentats de Charlie Hebdo » sans en comprendre le sens. Cette expérience illustre l’importance de l’éducation aux médias.

Conclusion

Informer les jeunes sur les réseaux sociaux ne consiste pas seulement à publier du contenu. Cela implique de comprendre leurs usages, de choisir les bons canaux, de maintenir un haut niveau de fiabilité de l’information et de contribuer au développement de leur esprit critique. Un enjeu qui dépasse largement la communication pour toucher à la citoyenneté numérique.



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